Une boutique à partir d’une simple invite et de quelques visuels
Ce dont les vendeurs se souviennent, c’est la partie la plus courte : envoyer les photos d’un premier produit, écrire ou coller sa description et son prix, et un assistant IA prépare un brouillon complet en une dizaine de minutes : nom, logo, couleurs, page d’accueil, fiche produit et textes en français et en arabe, avec des visuels produit construits à partir de la vraie photo. Le vendeur relit, ajuste avec l’assistant du constructeur et publie. Le parcours manuel (cinq étapes guidées, environ 45 minutes) reste à un clic, et changer de chemin ne fait rien perdre.
Ce n’est pas un générateur à la Lovable. Les outils « prompt vers code » remettent à l’utilisateur du code source à comprendre et à maintenir. Ici, le modèle n’écrit jamais de HTML, de CSS ni de gabarit : il rend du JSON, nettoyé champ par champ puis appliqué par les services du moteur de thèmes, de sorte que le résultat est toujours une boutique valide dans le constructeur que le vendeur connaît déjà. Cette contrainte est la fonctionnalité. Un commerçant veut une boutique qui marche en dix minutes, pas une liberté illimitée, et un format fermé se teste, se plafonne et se corrige.
Il faut rendre à chacun son dû : l’assistant lui-même est le travail d’un collègue. Ce que j’ai construit, c’est le moteur qu’il pilote (sections, réglages, préréglages sectoriels, brouillons et révisions), et j’ai intégré l’assistant au back-office vendeur puis fusionné dans staging. Il fonctionne parce que le moteur est déclaratif.
Le tableau de bord : que doit faire le vendeur maintenant ?
Le tableau de bord vendeur est construit autour d’une seule question. Avant tout graphique, il montre trois files de travail (commandes à confirmer, stock à racheter, paniers abandonnés à relancer sur WhatsApp), chacune avec un chiffre et un bouton, puis une prise en main guidée qui chiffre la prochaine étape en minutes. Viennent ensuite les taux, chacun avec son numérateur et son dénominateur, et un tiret honnête plutôt qu’un 0 % trompeur quand il n’y a rien à mesurer.
Deux détails que je défendrais en revue de design : le tableau de bord et la page de confirmation affichent exprès deux taux de confirmation, l’un par commande traitée (qualité des agents) et l’autre par commande reçue (retard), pour qu’un taux parfait ne cache pas une file qui grandit ; et le menu latéral est groupé par ce que le vendeur veut faire, avec des badges en direct qui reprennent les chiffres des cartes d’action, donc les nombres concordent toujours. Les captures et une lecture écrite de chaque écran sont plus haut et plus bas. Les chiffres viennent d’une boutique de test sur staging.
Ce que j’ai construit, et ce que je connais
Construit par moi (côté vendeur) : l’éditeur de vitrine à thèmes et ses modèles, le back-office vendeur, le CRM de l’équipe de confirmation avec son score de risque, l’intégration Pixel Meta, API de conversions et catalogue, la récupération des paniers abandonnés et les coupons. Tout ce qui figure dans cette liste, je l’ai conçu et implémenté ; c’est la partie visible dans les captures.
Connu, mais pas construit par moi : la livraison (création du colis, suivi chauffeur et logistique, validation WhatsApp au premier scan du colis) appartient à l’équipe logistique, et les campagnes publicitaires Facebook appartiennent au marketing. J’ai travaillé assez près des deux bouts de la boucle pour l’expliquer du premier clic de l’acheteur sur une publicité, en passant par la vitrine, l’appel de confirmation et la livraison, jusqu’à l’événement Pixel et la campagne suivante. Cette boucle complète est dessinée plus bas.
La vitrine — un éditeur qui ne peut pas perdre votre boutique
L’ancien système de templates a disparu ; tout passe par un seul moteur de thèmes. 11 thèmes, 10 préréglages sectoriels (mode, cosmétique, électronique, mobilier, …), brouillon et publication, et une révision prise avant chaque publication : une mauvaise version est à une restauration près. La vitrine s’affiche de droite à gauche en arabe.
Seule la page d’accueil est pilotée par le moteur. Produit, panier et paiement restent des pages fixes : le vendeur peut refaire la devanture sans casser la caisse.
Catalogue, coupons et promotions
Produits, variantes, catégories, codes numériques (à usage unique), écran d’inventaire avec seuil d’alerte, corbeille avec purge. Les coupons sont en pourcentage ou en montant fixe, avec plafond, panier minimum, fenêtre de dates et limites par téléphone ; l’utilisation se fait sous verrou de ligne avec une clé d’idempotence. Paliers de quantité, packs et 1 acheté / 1 offert vivent à côté.
Le paiement à la livraison exige un bureau de confirmation
La plupart des commandes sont en COD : la première question est de savoir si l’acheteur est réel. Chaque commande reçoit un score de risque de 0 à 100 (historique colis de l’acheteur chez tous les marchands, commandes par téléphone et par jour) ; les commandes risquées sont retenues. Un manager assigne la file, chaque agent travaille la sienne : appel, confirmée / injoignable / refusée, notes, rappels. Chaque transition est un OrderEvent : le journal répond à « qui a fait quoi, quand ».
Les accès sont explicites : rôles owner et member, quatre droits boutique (catalogue, commandes, vitrine, stats), et un rôle d’agent de confirmation qui ne peut que gérer les commandes.
Des signaux marketing qui survivent au navigateur
Chaque boutique peut connecter un Pixel Meta et l’API de conversions. Navigateur et serveur envoient le même event_id pour que Meta dédoublonne ; les données acheteur sont hachées en SHA-256, le token est stocké chiffré et chaque envoi est journalisé. Un flux catalogue, des pixels TikTok et GA4, et des relances WhatsApp optionnelles pour les paniers abandonnés complètent le tableau. Pour être clair sur le périmètre : c’est du tracking et de la récupération, pas un gestionnaire de campagnes publicitaires.
Expédition — la partie de la boucle que je connais, pas celle que j’ai construite
Une fois la commande confirmée, elle entre dans le réseau de livraison d’IntiGo : un colis est créé avec un COD égal au total de la commande, le chauffeur livre, et la page commande affiche le statut réel du colis. L’acheteur suit via un lien à jeton. Séparément, la logistique peut envoyer un message WhatsApp Confirmer / Annuler au premier scan du colis (mode souple ou strict, sans jamais bloquer le colis en attendant). Je n’ai pas construit ce côté, mais je sais comment il fonctionne de bout en bout, et c’est ce qui fait du bureau de confirmation humain avant l’expédition et de la validation WhatsApp après le premier scan deux filets de sécurité distincts.
Où j’en suis
Le module est sur staging avec un soft launch derrière une allowlist ; je ne revendique pas de trafic de production. Les manques que je suis ouvertement : le paiement en ligne (COD uniquement), l’historique des mouvements de stock, et quelques compteurs à durcir. La suite de tests est le filet de sécurité — environ 1 200 fonctions de test sur le code boutique, thèmes, coupons, produits et Meta.
Je suis reconnaissant pour cette expérience : elle m’a permis de suivre une commande tout le long du circuit, de la vitrine vue par l’acheteur jusqu’à la livraison, puis de revenir à Facebook et au marketing qui amène l’acheteur suivant.